La question cruciale de la mobilité en Afrique

Seuls des moyens de transport efficaces et durables permettront de libérer le potentiel économique du continent Africain tout en garantissant le principe fondamental de l’équité sociale entre les individus d’origines socio-économiques diverses.

Dans la plupart des pays d’Afrique, la mobilité des personnes et des biens relève encore pour une grande part de l’économie informelle certes pour des raisons de coût mais surtout en raison de l’absence d’alternatives viables. Appelés « clando » au Cameroun, « danfo » à Lagos, « gbaka » en Côte d’Ivoire, ou « matatu » en Ouganda ces services de transport fonctionnent aussi bien en milieu urbain que rural mais ne sont généralement pas efficients en raison souvent d’un développement anarchique et de l’absence de leur prise en compte dans une planification intégrée des transports.
Comme le soutiennent Diaz Olvera et al. (2010), ces moyens de transport informels, en particulier dans les zones urbaines, ont tendance à sérieusement entraver la capacité des citadins à sortir de la pauvreté car ils ne favorisent pas un accès efficace aux équipements urbains tels que les établissements d’enseignement ou de santé, les centres culturels ou les zones d’emplois. Au lieu de cela, les populations les moins favorisées se limitent souvent aux opportunités offertes à proximité de leur zone de résidence, ce qui, compte tenu de la prolifération des bidonvilles en Afrique subsaharienne, laisse souvent peu de place aux perspectives de développement humain et économique.

La réflexion ne doit pas se limiter à des considérations liées au développement socio-économique du continent, mais englober des préoccupations environnementales. La croissance économique et démographique Africaine s’accompagne d’une utilisation plus intensive des voitures et des camions qui fonctionnent souvent avec des carburants polluants, ce qui entraîne des niveaux de pollution inquiétants, comme à Accra, au Caire et à Lagos. Au même titre que les tentatives d’accroissement de l’efficacité des modes de transport existants, notamment en ce qui concerne les systèmes de transport public, des solutions plus écologiques pour les véhicules individuels et collectifs comme l’électricité, le gaz naturel ou les biocarburants peuvent être encouragés et mises en place.

 

Bibliographie :Lourdes Diaz Olvera, Didier Plat, Pascal Pochet et Maïdadi Sahabana, « Entre contraintes et innovation: évolutions de la mobilité quotidienne dans les villes d’Afrique subsaharienne », Espace populations sociétés, 2010/2-3 | 2010, 337-348.

Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales, Division de la population (2019). Perspectives de la population mondiale 2019, édition en ligne.

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