Programme de formation à la production de vanille en Ouganda

Contexte

Éducation et agriculture sont deux enjeux majeurs pour l’Afrique. Pour un continent dont les terres arables sont estimées à 65%, le potentiel de développement est énorme. De plus, le secteur agricole représente environ 60% de la population active dans certains pays et atteint pour d’autres 80%.

A cela s’ajoute le fait que l’Afrique est le continent avec la population la plus jeune. Selon les perspectives de croissance démographique, la moitié de la population sera composée de jeunes de moins de vingt-cinq ans. Cette nouvelle main d’œuvre doit pouvoir s’insérer sur un marché du travail stable, or le secteur qui emploie le plus est celui de l’agriculture même si d’autres secteurs tendent à se développer dans certains pays. L’agriculture est donc indéniablement un levier de croissance économique et de lutte contre la pauvreté qu’il faut dynamiser.

Cela revient à dire que l’agriculture en Afrique doit se moderniser pour répondre aux besoins des africains mais aussi ceux du monde. Un modèle d’agriculture durable mais surtout un modèle africain adapté aux différences régionales. L’Afrique est plurielle et nous ne pouvons ignorer cela dans l’élaboration de projet de développement. Toutefois, certains modèles peuvent être reproduit dans les pays et les filières qui présentent des similarités.

A l’exemple de la production de vanille. Madagascar est le principal producteur et fournit les trois quarts de la production mondiale (1600 tonnes de vanille noire). L’Ouganda et les Comores sont également des pays producteurs de vanille même si la production est plus modeste. En termes d’emploi on trouve également des points communs. La vanille étant une orchidée dont la fécondation est manuelle, sa production mobilise une main d’œuvre importante car elle nécessite beaucoup de soins. Les planteurs utilisent les méthodes traditionnelles de pollinisation, de traitement et de séchage des gousses. Ainsi, on estime à 75%, la population active comorienne employée à la production de vanille. C’est donc une filière qui génère de l’emploi dans des pays où le coût du travail est faible et où la majorité des personnes travaillent dans l’informel. Les économies de ces différents pays ne sont pas directement comparables toutefois la vanille représente un moyen de subsistance pour ces milliers de personne.

La vanille est une épice dont le prix a fortement augmenté ces dernières années pour atteindre environ 600 dollars/le kilo. C’est donc la deuxième épice la plus chère au monde après le safran. Le cycle de production est long et lors des récoltes, les planteurs font face à des menaces liées au vol et à l’instabilité climatique. Malgré l’augmentation du prix de la vanille, les planteurs n’arrivent pas à pleinement jouir de leur travail. Les salaires sont très bas, les conditions sont difficiles car les zones de production sont enclavées, les moyens logistiques sont faibles, l’accès au financement local pour le développement est faible et il y a surtout un fort besoin en formation.Le secteur est informel, il n’y a pas ou peu d’épargne, pas de cotisation pour les retraites car les populations n’y sont pas sensibilisées.

C’est dans ce contexte que l’association International Natural Vanilla Organisation décide de travailler à la formation des acteurs locaux dans le but de permettre un développement socio- économique régional. Le projet qui s’inscrit dans un programme de formation longue durée se décline en trois phases. Cette formation sera dispensée d’abord en Ouganda.

Dans un premier temps, un programme de formation visant :

  • Les enseignants et autres formateurs locaux
  • Les chefs d’entreprise, gérant de coopérative et coordinateurs
  • Les cultivateurs
  • Les préparateurs

En fonction du public cible, les formations iront d’une initiation aux techniques de gestion, marketing, production et gestion des ressources humaines au commerce international. Pour l’équipe, c’est-à-dire les ouvriers agricoles, des cours d’alphabétisation seront dispensés ainsi qu’une formation de base à la gestion et l’entrepreneuriat.Une attention particulière est accordée aux femmes pour les sensibiliser à l’exploitation agricole et le développement d’une activité rentable. Sensibilisation également en matière de planification, de gestion du temps, ateliers sur l’amélioration de la productivité et surtout le réinvestissement des revenus. Ces cours seront donnés en partenariat avec les universités et centres de formations locaux.

Dans un second temps, la mise en place d’une plateforme éducative. La plateforme est une ressource pédagogique visant à proposer des modules de formation dispensés par des enseignants qualifiés et traduits en différentes langues. Elle permettra de mettre en réseau les apprenants pour qu’ils échangent leurs expériences. Le site permettra d’avoir accès à des ressources en langues locales par pays producteurs. Le but est d’avoir une approche personnalisée de l’éducation et à intégrer des acteurs avec différents profils. Le but est également d’établir un partenariat avec des universités internationales afin d’élaborer des MOOC spécialisés dans l’agriculture et accessible à un public divers.

En troisième lieu, un programme pour renforcer l’éducation à partir de l’âge de 11 ans dans les établissements publics et des formations agricoles professionnelles à partir de 16 ans. Former à l’agriculture de l’avenir, notamment la production de vanille durable. Des investissements en infrastructures sont nécessaires pour le volet jeunesse.

 

Objectifs

La vanille permet de générer de l’emploi et d’aider les femmes à avoir un moyen de subsistance. Toutefois, en Ouganda l’égalité en matière d’éducation homme-femme reste encore à développer. Le projet d’un développement économique et social ne peut se faire sans considérer les paramètres socio-culturels et travailler à l’épanouissement des différentes catégories d’acteur. Les zones de production sont également en manque d’infrastructures scolaire et d’enseignant.Si la production de vanille en Ouganda reste modeste en comparaison de Madagascar, l’Ouganda prévoit d’augmenter sa production à 100 tonnes. Dans une telle perspective de croissance, il faut pouvoir encadrer les planteurs.

L’Ouganda fait actuellement face à plusieurs défis en matière d’éducation :

  • un manque d’infrastructures
  • des classes d’environ 100 élèves-un fort taux d’absentéisme des professeurs
  • un fort taux d’absentéisme des élèves

Or, environ la moitié de la population est âgée de moins de 15 ans. Pour ceux qui sont en cycle de formation supérieure, les perspectives d’emploi correspondant à leur profil sont minces. Valoriser l’agriculture par l’éducation contribuera à donner des ressources aux jeunes pour développer ce secteur de manière réfléchie, dans une dynamique orientée sur le long-terme.

Les objectifs principaux de ce projet sont :

  • Former une équipe de 150 enseignants locaux.
  • Evaluer les besoins en infrastructures en matière de salle de classe dans les régions productrices de vanille.
  • Former des producteurs aux techniques de production et de conditionnement durables.
  • Former au leadership et à la planification.
  • Développer un programme de formation professionnalisant en culture et commercialisation de la vanille dans les universités.
  • Sensibiliser à la diversification en matière agricole et la gestion des ressources.
  • Créer des MOOCs gratuits de qualité axés sur l’agriculture en Ouganda.
  • Promouvoir les échanges entre producteurs via la plateforme pour réfléchir autour de la vanille du futur.
  • Sensibilisation à la faible valeur ajoutée de leur production et réflexion autour de méthodes de valorisation, de conservation et de transformation de la vanille.
  • Valorisation des savoir-faire actuel, mentorship et women empowerment.